ibis Styles Douai Gare Gayant Expo
Nous avons retenu cette adresse pour son parti pris, rare dans l'hôtellerie de chaîne :...
Il existe à Douai une adresse où l'on ne franchit pas le seuil d'un hôtel, mais celui d'une famille. L'hôtel de Warenghien de Flory, rue Morel, fut élevé à la fin du XVIIIe siècle sur un terrain acquis par Georges Durand, seigneur d'Elecourt, entrepreneur des fortifications de la ville. Destiné un temps à servir de refuge à l'abbaye royale de Flines, loué ensuite à un magistrat, il fut acquis comme bien national en 1791 par Louis-Joseph de Warenghien. Ses descendants ne l'ont plus quitté. Classé monument historique, l'hôtel particulier ouvre aujourd'hui quelques chambres à des hôtes de passage, dans un cadre que peu de maisons de la région peuvent égaler.
Ce qui a emporté notre choix, c'est l'authenticité absolue du lieu. Ici, rien n'est reconstitué : les façades, le parc et les pièces sont ceux d'un hôtel particulier du siècle des Lumières, habité par la même lignée depuis plus de deux cents ans. La capacité, très réduite, garantit une atmosphère de demeure privée plutôt que d'établissement commercial. Et l'histoire de la maison, qui a traversé la Révolution et deux occupations, se raconte de pièce en pièce. Les avis des voyageurs, peu nombreux mais très favorables, disent la qualité de l'accueil.
La rue Morel tient son nom de l'ancienne porte Morel, l'une des entrées de la ville fortifiée. La gare de Douai est à proximité immédiate, ce qui permet d'arriver en train depuis Lille ou Paris sans jamais prendre la voiture. Le centre ancien se parcourt à pied : le beffroi gothique, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO et rendu célèbre par Victor Hugo, les quais de la Scarpe, le musée de la Chartreuse et ses primitifs flamands. Le Centre historique minier de Lewarde, haut lieu du Bassin minier, est à un quart d'heure en voiture.
Prix : €€, milieu de gamme
Ambiance : hôtel particulier, histoire, demeure habitée
Chambres : quelques chambres seulement, dont des chambres familiales, dans un monument historique
Idéal pour : amateurs d'histoire et de patrimoine, couples, voyageurs arrivant en train
Ce que nous préférons : la façade à l'italienne côté parc, plus ornée que la façade sur rue, découverte depuis le jardin
Équipements : jardin, parking privé gratuit, chambres familiales
À proximité : gare de Douai, beffroi de Douai, musée de la Chartreuse, quais de la Scarpe, Centre historique minier de Lewarde
L'hôtel de Warenghien se lit comme un livre d'architecture. Sur la rue, la façade adopte la sobriété élégante du goût français du XVIIIe siècle, avec son ordonnance régulière. Côté parc, le registre change : une façade plus élaborée, d'inspiration italienne, déploie ses ornements face au jardin. Ce double visage, rare, est l'une des raisons du classement du bâtiment au titre des monuments historiques. Prendre le temps de faire le tour de la maison, c'est comprendre comment la bonne société douaisienne mettait en scène sa demeure : discrète sur la ville, ostentatoire sur son jardin.
Les deux conflits mondiaux ont laissé leur trace entre ces murs. Pendant la Première Guerre mondiale, Douai se trouve derrière les lignes allemandes, et l'hôtel particulier loge des pilotes de l'escadrille installée à proximité. Parmi eux, Manfred von Richthofen, l'as que l'histoire a retenu sous le nom de Baron rouge. La demeure est de nouveau réquisitionnée pendant la Seconde Guerre mondiale. Les propriétaires aiment partager ces récits, qui donnent à un séjour ici une profondeur que l'on ne trouve pas ailleurs.
Avec une capacité aussi réduite, il faut réserver tôt, surtout pour les week-ends et les fêtes de Gayant, le géant de Douai, début juillet. L'arrivée se fait l'après-midi jusqu'à 20 heures, dans l'esprit d'une maison d'hôtes. Le parking privé est gratuit, un vrai confort en centre-ville. Les animaux ne sont pas acceptés, et l'on vient ici pour le calme et le patrimoine plutôt que pour les services d'un grand hôtel.