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Découvrez le mémorial sud-africain de Longueval et le bois Delville, haut lieu de la bataille de la Somme : histoire, musée, itinéraire depuis Amiens et conseils de visite.
Mémorial Sud-Africain de Longueval : la mémoire oubliée des soldats du Cap

Au mémorial sud-africain de Longueval, une Somme venue d’Afrique

Sur la route de Ginchy, à Longueval, la Somme cesse d’être seulement française. Ici, le mémorial sud-africain de Longueval raconte comment des soldats venus d’Afrique ont traversé la mer pour une guerre qui n’était pas la leur. Pour un retraité curieux de l’histoire mondiale, ce détour change la lecture de la bataille de la Somme et de la Première Guerre mondiale.

Le site se dresse au bord du bois Delville, ce bois du front rebaptisé « bois du Diable » par les survivants, tant la bataille fut meurtrière pour les soldats sud-africains. Les chiffres donnent le vertige : sur environ 3 150 hommes de la brigade sud-africaine engagés, près de 2 500 furent tués, blessés ou portés disparus en quelques jours, et à peine une centaine sortirent indemnes de ce bois militaire transformé en enfer. Dans ce paysage rural de France, l’ampleur de cette bataille de la Somme résonne autrement quand on pense à l’implication de l’Afrique dans la guerre mondiale.

Le mémorial national sud-africain, conçu comme un arc de triomphe de pierre claire, s’impose sans ostentation au milieu des champs de la Somme. Il ne s’agit pas d’un simple mémorial africain de plus sur un circuit de la Première Guerre, mais d’un lieu où l’on mesure la place des soldats africains dans l’histoire mondiale et dans la mémoire nationale sud-africaine. Pour un voyageur régional, c’est l’occasion de sortir des clichés sur le tourisme de guerre et de pratiquer un Somme tourisme plus exigeant, attentif aux récits venus d’autres continents.

Du bois Delville au « devil wood » : marcher dans un paysage reconstruit

On entre d’abord par l’esplanade du mémorial, encadrée de pelouses nettes et d’un alignement d’arbres qui prépare au choc du bois. Au sommet de l’arc, la statue des Dioscures attire le regard ; « Elle représente Castor et Pollux, symbolisant l'union des colons anglais et des Boers. » Sous cette sculpture, la croix de la Victoire marque l’axe qui file vers le bois Delville reconstitué. Une photographie d’archives de 1916, souvent reproduite sur place, montre le même alignement réduit à des troncs éclatés.

Le parcours mène ensuite vers le bois, ce fameux Delville Wood que les Britanniques surnommèrent « devil wood » et que les Français appellent parfois bois du Diable. Le sol semble paisible, mais chaque arbre rappelle qu’ici la bataille du bois fut menée « à tout prix », selon les ordres donnés à la brigade sud-africaine. Les tranchées reconstituées, les clairières numérotées et les stèles dispersées composent un véritable musée mémoriel à ciel ouvert, où l’on comprend physiquement ce qu’a été la première guerre industrielle et l’expérience des combats rapprochés.

Particularité forte du lieu : la replantation du bois avec des chênes venus d’Afrique du Sud, créant un bois africain littéralement transplanté dans la Somme. Marcher dans ce wood, c’est sentir la distance entre l’Afrique et la France se réduire à quelques pas, au milieu d’un paysage rural familier. Pour un visiteur qui connaît déjà Thiepval ou le cimetière militaire de Rancourt, cette immersion dans un bois militaire africain offre une autre manière de lire la bataille de la Somme, en reliant directement le front occidental aux territoires du Commonwealth.

Musée national sud-africain : un récit de guerre vu du Cap

Adossé au mémorial national, le musée national sud-africain de Longueval tranche avec les musées de la Somme plus classiques. Ici, la Première Guerre est racontée depuis l’Afrique, avec des cartes qui suivent les soldats africains depuis Le Cap jusqu’au front de France. On y croise les figures du brigadier général Henry Timson Lukin, des volontaires noirs cantonnés aux tâches non combattantes, et des familles restées en Afrique du Sud, dont les lettres témoignent de l’attente et de l’angoisse.

Les vitrines mêlent uniformes militaires, lettres de soldats africains et objets du quotidien, donnant chair à cette implication de l’Afrique dans la guerre mondiale. Des panneaux expliquent comment la bataille de la Somme, et en particulier la bataille du bois Delville, a marqué durablement la mémoire nationale sud-africaine. On comprend aussi pourquoi le bois Delville est devenu un lieu de pèlerinage pour les communautés sud-africaines, bien au-delà des frontières de la France, avec des cérémonies régulières et des dépôts de gerbes.

Le musée mémorial ne se limite pas à la Première Guerre, il évoque aussi la Seconde Guerre et la manière dont les anciens combattants africains ont pesé sur la politique intérieure sud-africaine. La réinhumation de soldats noirs sud-africains à Longueval rappelle que la question raciale traverse toute cette histoire militaire. Pour un retraité des Hauts de France, habitué aux cimetières militaires alignés, ce récit venu d’Afrique ouvre un champ de réflexion rare sur la place des soldats africains dans les conflits mondiaux et sur la façon dont ces engagements ont nourri les débats sur l’égalité.

Mémoire partagée entre France et Afrique du Sud : un lieu vivant

Le mémorial sud-africain de Longueval n’est pas figé dans la pierre, il vit au rythme des commémorations et des visites scolaires. Chaque année, des délégations venues d’Afrique du Sud, des familles de soldats africains et des habitants de la Somme se retrouvent devant le mémorial africain pour des cérémonies sobres. Les milliers de noms gravés sur le mur de la mémoire rappellent que la bataille de la Somme fut aussi une bataille africaine, même si la plupart de ces soldats ne reposent pas dans ce cimetière militaire mais dans d’autres nécropoles du Commonwealth.

Pour mesurer cette mémoire partagée, il faut prendre le temps de parcourir aussi les autres lieux de la région, du mémorial de Thiepval à la cathédrale d’Albert, en passant par les nécropoles françaises. En reliant Longueval à ces sites, on saisit mieux comment la première guerre mondiale a tissé des liens durables entre la France et l’Afrique du Sud. Cette implication de l’Afrique dans la guerre, longtemps marginale dans les récits français, apparaît ici comme un élément central de l’histoire mondiale et de la mémoire du front occidental.

Sur place, l’accueil est simple et fonctionnel : accès libre toute l’année, parking gratuit, toilettes, petite boutique et salon de thé pour prolonger la visite. Une aire de pique-nique permet de faire une pause entre le bois du Diable et les autres sites de la bataille de la Somme, sans se presser. Pour un voyageur régional qui aime prendre son temps en semaine, ce confort discret rend le mémorial national africain particulièrement adapté à une journée de Somme tourisme hors saison, loin des grands groupes.

Organiser une journée depuis Amiens : itinéraire, saison, budget

Depuis Amiens, comptez environ 45 minutes en voiture pour rejoindre Longueval par la D1029 puis les petites routes de la Somme. Il n’existe pas de transport public direct, ce qui renforce l’impression de se rendre dans un bois reculé, loin des grands flux de tourisme de guerre. Pour un retraité motorisé, c’est l’itinéraire idéal pour une escapade en semaine, quand les circuits de la Première Guerre sont plus calmes et que les parkings restent facilement accessibles.

Une journée type peut commencer par le mémorial sud-africain de Longueval et le bois Delville le matin, avant de filer vers Thiepval pour l’après midi. Sur le retour, un arrêt à Albert permet de visiter la basilique et, pour les amateurs de patrimoine, de prolonger le voyage vers d’autres trésors régionaux grâce aux itinéraires proposés par le Printemps de l’Art déco dans les Hauts de France. Ce tissage entre mémoire militaire, architecture civile et paysages de la Somme donne une profondeur rare à un simple week end, surtout si l’on prend le temps de marcher dans le bois et de lire les noms gravés.

Côté budget, l’accès au mémorial, au bois et au musée mémorial est gratuit, ce qui laisse de la marge pour un bon déjeuner dans un estaminet voisin ou pour une nuit dans une chambre d’hôtes. Prévoyez de bonnes chaussures pour marcher dans le bois, un vêtement de pluie léger et, si vous êtes passionné, un carnet pour noter les noms de soldats africains qui vous marquent. On revient de Longueval avec une autre image de la Somme, moins héroïque, plus humaine, où chaque arbre du bois raconte un fragment de bataille et de destin africain, appuyé sur des données historiques précises.

FAQ sur le mémorial sud-africain de Longueval

Le mémorial sud-africain de Longueval est il payant ?

L’accès au mémorial, au bois Delville et au musée national sud-africain est gratuit pour tous les visiteurs. Le parking est également gratuit, ce qui facilite une visite à la journée depuis Amiens ou Arras. Seules les éventuelles visites guidées sur réservation peuvent être payantes selon les organismes ou les associations d’anciens combattants.

Pourquoi le bois Delville est il surnommé « bois du Diable » ?

Le bois Delville a été surnommé « bois du Diable » en raison de l’extrême violence des combats qui s’y sont déroulés pendant la bataille de la Somme. Les pertes parmi les soldats sud-africains y ont été particulièrement lourdes, avec une poignée de survivants indemnes sur plusieurs milliers d’engagés. Ce surnom, repris en anglais sous la forme « devil wood », est resté dans la mémoire des vétérans et figure dans les synthèses du Commonwealth War Graves Commission.

Le site est il adapté aux personnes à mobilité réduite ?

Le mémorial sud-africain de Longueval et le musée sont aménagés pour accueillir les personnes à mobilité réduite, avec des accès de plain pied et des cheminements adaptés. L’esplanade du mémorial et une partie du bois sont accessibles, même si certains sentiers restent plus difficiles. Il est conseillé de se renseigner à l’avance pour organiser au mieux la visite, notamment en cas de météo humide.

Peut on visiter avec un guide francophone ?

Des visites guidées sont proposées sur réservation par des guides spécialisés dans l’histoire de la Première Guerre mondiale. Certains guides francophones construisent des parcours combinant Longueval, Thiepval et d’autres sites de la bataille de la Somme. Pour un groupe de retraités, cette formule permet d’avoir un éclairage précis sur le rôle des soldats africains et sur les chiffres de pertes fournis par le South African National Museum of Military History.

Combien de temps faut il prévoir pour la visite complète ?

Pour profiter pleinement du mémorial, du musée et du bois Delville, il est raisonnable de prévoir entre deux et trois heures sur place. Ce temps permet de parcourir l’esplanade, de lire les panneaux, de marcher dans le bois et de faire une pause au salon de thé. Intégré dans une journée incluant Thiepval ou Albert, Longueval devient l’un des temps forts d’un circuit mémoriel dans la Somme, sans donner l’impression de courir.

Sources et précisions historiques

Les chiffres de pertes de la brigade sud-africaine à Delville Wood sont issus des synthèses publiées par le South African National Museum of Military History et par le Commonwealth War Graves Commission. Les informations sur la replantation du bois, la symbolique du mémorial national sud-africain de Longueval et le rôle du Delville Wood Museum s’appuient sur les panneaux officiels du site, les archives du musée et la documentation pédagogique disponible sur place.

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