Le Grand Duc
Ce qui nous a séduits dans cette maison du XIXe siècle, c'est son parc clos...
La place de l'Hôpital Général annonce la couleur. Derrière la grille s'étend une façade de brique rouge scandée de pierre bleue du Hainaut, longue comme une caserne, ouverte sur trois cours successives. Le chantier fut lancé en 1752 sur ordre de Louis XV et confié à Contant d'Ivry, l'un des architectes du Palais-Royal ; l'hôpital ouvrit vers 1767, la chapelle suivit. Le bâtiment a soigné Valenciennes jusqu'au tournant des années deux mille, puis il est resté vide, monument historique classé et sans emploi. Sa restauration en hôtel lui a rendu ses perspectives, ses longs couloirs et ses voûtes, sans chercher à effacer ce qu'il a été.
Parce que le lieu produit une expérience que le confort seul ne fabrique pas. Dormir dans une aile d'hôpital du XVIIIe siècle, nager sous une voûte de pierre bleue, traverser trois cours pour aller dîner : c'est une manière de séjourner qui n'existe nulle part ailleurs dans le Nord. La maison a par ailleurs les moyens de ses ambitions, avec soixante-dix-neuf chambres et suites, deux restaurants, deux bars et un spa complet, ce qui permet de ne pas ressortir de trois jours. Elle est enfin l'une des rares adresses de ce niveau à l'est de Lille, dans une ville que les voyageurs sous-estiment encore.
Valenciennes se découvre à pied depuis la place de l'Hôpital Général. Le musée des Beaux-Arts, l'un des plus riches du Nord, conserve les Rubens, les Carpeaux et l'héritage de Watteau, enfant du pays. La place d'Armes et son beffroi, les bords de l'Escaut, la scène nationale du Phénix complètent la promenade. En sortant de la ville, le parc naturel régional Scarpe-Escaut ouvre ses étangs et ses terrils boisés, la forêt de Mormal ses futaies, et deux golfs se trouvent à portée de voiture. Lille est à une trentaine de minutes de train, Bruxelles guère plus loin par la route.
Prix : haut de gamme
Ambiance : monument du XVIIIe, spacieuse, apaisée
Chambres : soixante-dix-neuf chambres et suites, réparties dans les ailes du bâtiment classé
Pour qui : week-ends bien-être à deux, amateurs de patrimoine, séminaires et réceptions
Ce que nous préférons : la piscine chauffée du spa, sous sa voûte de pierre bleue du Hainaut
À table : La Storia, cuisine italienne, et La Galerie, brasserie traditionnelle, plus l'Atrium Lounge Bar et le Royal Bar
Équipements : spa avec piscine chauffée, hammam, sauna, cabines de soins et salon de thé, salles de réception jusqu'à trois cents personnes, bornes de recharge électrique, animaux acceptés
À voir alentour : musée des Beaux-Arts, place d'Armes et beffroi, bords de l'Escaut, parc naturel régional Scarpe-Escaut, forêt de Mormal
C'est le morceau de bravoure de la restauration. La piscine chauffée occupe une salle voûtée de pierre bleue du Hainaut, la même que celle des encadrements de fenêtres, et la lumière y descend par en haut : on nage dans un volume d'architecture, pas dans un sous-sol carrelé. Autour s'organisent le hammam, le sauna, les cabines de soins et un salon de thé où l'on prolonge sans se presser. La salle de remise en forme complète l'ensemble. C'est le genre d'équipement qui justifie à lui seul une nuit supplémentaire, et qui rend la maison utilisable par tous les temps, ce qui, dans le Nord, n'est pas une considération anodine.
La maison a choisi deux registres plutôt qu'une table unique. La Galerie tient la brasserie traditionnelle, ouverte midi et soir, pour les repas de tous les jours et les tablées de famille. La Storia joue l'Italie sur quelques services par semaine, dans un registre plus posé, et c'est là que se prennent les dîners que l'on veut faire durer. Les deux bars se partagent le reste : l'Atrium pour l'apéritif dans le volume vitré, le Royal Bar pour le dernier verre. Ajoutez les salons de réception, qui accueillent jusqu'à trois cents personnes, et l'on comprend que le bâtiment n'ait pas rétréci en changeant de métier.