Aurélie, vous travaillez chez Somme Tourisme depuis de nombreuses années : comment décririez-vous aujourd’hui l’ADN touristique de la Somme, et en quoi le numérique a changé votre manière de le raconter au grand public ?
Quand on découvre la Somme pour la première fois, elle créé toujours la surprise et laisse une empreinte indélébile dans les souvenirs de nos visiteurs... Entre les paysages sauvages de la baie de Somme, l'immensité intimidante de la cathédrale d'Amiens, la majesté solennelle et émouvante des mémoriaux de la Grande Guerre et la quiétude ressourçante de la vallée de la Somme, nous avons un dénominateur commun : des valeurs d'authenticité et de respect de l'identité des lieux et des hommes. Le numérique nous offre la possibilité de renouveler et mettre à jour les contenus à tout instant, de diversifier les regards et les formats (photos, vidéos, podcasts,...) et d'offrir un panel de canaux de diffusion élargi.
En 2025, vos supports ont généré près de 25 millions de vues, avec un cumul de plus de 171 millions depuis 2016. Concrètement, qu’est-ce que ces audiences massives ont changé pour le territoire : voyez-vous un impact mesurable sur les flux de visiteurs, les réservations, ou même l’image de la Somme en France et à l’international ?
Améliorer la notoriété de la Somme est un travail de longue haleine auquel on s'attelle depuis de nombreuses années et cela porte ses fruits. La fréquentation touristique a beaucoup augmenté depuis quelques années grâce à une meilleure visibilité de la destination mais aussi et surtout parce qu'elle répond aux besoins des visiteurs : la proximité, le dépaysement, le ressourcement au contact d'une nature préservée. Nous veillons à développer les retombées économiques du tourisme pour permettre de pérenniser des emplois non délocalisables mais en prenant soin de ne pas saturer l'habitant. Notre communication vise aussi à étaler les flux touristiques dans le temps et dans l'espace et à révéler les petits trésors insoupçonnés du territoire.
La Somme est à la fois une destination de mémoire (avec la bataille de 1916) et une destination de nature et de slow tourisme. Comment utilisez-vous la communication digitale pour articuler ces deux dimensions sans que l’une ne prenne le pas sur l’autre, et pour éviter une forme de « tourisme de consommation » de la mémoire ?
Elles ne sont pas concurrentes mais complémentaires. Par ces offres thématiques (tourisme de mémoire, tourisme de nature, richesse historique et patrimoniale, offre vélo, loisirs actifs), la Somme a tous les arguments pour convaincre et attirer une grande diversité de clientèles. On ne communique pas avec les mêmes outils pour toutes ces thématiques, au contraire, on sélectionne des supports spécifiques : référencement dans des guides, sur des plateformes affinitaires, dans la presse spécialisée, via des créateurs de contenus, etc... Le tourisme de mémoire fait l'objet d'une attention toute particulière pour respecter l'esprit des lieux.
En 2026, vous portez la valorisation des commémorations du 110e anniversaire de la bataille de la Somme, avec plus de 110 événements et des temps forts comme le mapping vidéo à Thiepval. Quels choix éditoriaux et formats digitaux avez-vous privilégiés pour rendre ce programme accessible et attractif, en respectant la solennité de l’histoire ?
Dans l'organisation du 110e anniversaire de la bataille de la Somme, notre priorité est de rassembler et de fédérer les partenaires. Jamais nous n'avions connu une telle mobilisation de tous les acteurs de la mémoire (guides, musées, collectivités, offices de tourisme, CWGC, associations...). Nous avons créé un logo et une charte graphique, partagés par tous, qui ont permis de créer un repère visuel et d'afficher notre mutualisation. Un programme de tous les événements organisés dans le cadre du 110e anniversaire de la bataille de la Somme a été édité. Nous avons mis en place un grand nombre d'actions mobilisant l'ensemble des partenaires et favorisant le cofinancement : participation au Salon mondial du Tourisme, collaboration avec des producteurs de contenus, notamment Nota Bene, célèbre youtubeur spécialiste de la vulgarisation historique rassemblant près de 3 millions d'abonnés "La Somme, un champ de bataille qui n'a jamais disparu", réalisation d'un dossier de presse, partenariat et campagne avec les médias locaux, publireportage dans la Revue de l'Histoire, réalisation d'objets logotypées 110e (cartes postales, magnets, sachets de graines de bleuets et coquelicots), vitrophanie pour les vitrines des commerçants, bâches et roll-up pour identifier les lieux partenaires, brochure pédagogique, site web, reportages photos et vidéos, animations des réseaux sociaux...
Votre programme SOMME’WHERE, qui en est à sa saison 5, est devenu un marqueur fort de la promotion de la destination. Qu’est-ce que ce format vous permet de montrer du territoire que vous ne pourriez pas valoriser via des campagnes plus classiques, et quelles retombées concrètes observent les acteurs locaux (hébergeurs, sites, prestataires d’activités) ?
Notre richesse la plus précieuse, ce sont les hommes et les femmes qui font rayonner la destination. Ces podcasts sont l'occasion de leur rendre hommage et de les mettre en lumière. Dans le tourisme, l'image est reine mais fugace. Ce que l'on aime dans le format podcast, c'est prendre le temps, aller en profondeur, mettre en place une conversation plus personnelle et plus intime avec notre invité. C'est aussi l'occasion d'explorer le territoire pour aller à la rencontre et à la découverte de pépites méconnues du territoire.
Vous venez de publier un plan d’action 2026 intégrant une démarche RSE, dans un contexte de partenariats digitaux (Google Destination, influenceurs, réseaux sociaux). Comment concilier recherche de visibilité maximale, exigences environnementales et responsabilité vis-à-vis des habitants, notamment sur des sites sensibles comme la baie de Somme ou les lieux de mémoire ?
Notre volonté est en effet de développer le tourisme, d'attirer les visiteurs et de générer des retombées directes pour le territoire. Pour atteindre cet objectif, nous menons des actions de communication mais aussi de développement, de mise en réseau, de commercialisation, d'accompagnement des professionnels du tourisme et nous réfléchissons chacune de nos actions avec le filtre de notre stratégie RSE pour en effet développer un tourisme qui soit respectueux de l'environnement et des hommes, que le tourisme soit accueilli et non subi par l'habitant. Nous avons par exemple édité cette année un guide des bonnes pratiques de communication destiné aux journalistes, producteurs de contenus et professionnels du tourisme pour qu’ils communiquent les bons gestes et la bonne attitude à adopter auprès de leurs clients / lecteurs / auditeurs / communauté pour respecter les milieux naturels, la biodiversité et les habitants.
Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à un lecteur qui ne connaît pas encore la Somme : par où commencer pour découvrir le territoire, quels comptes ou contenus suivre, et quel regard aimeriez-vous qu’il porte sur la destination après sa première visite ?
Je lui conseillerais de venir jusqu'à Amiens. La capitale est idéalement placée au cœur du département. vous pourrez rayonner en train ou à vélo pour découvrir à l'Est les sites de mémoire et pour parcourir la Véloroute Vallée de Somme. Elle est l'épine dorsale de notre territoire et le traverse d'Est en Ouest, c'est un fil conducteur idéal pour découvrir toutes les richesses du territoire. Il peut s'abonner à nos différents réseaux sociaux :
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J'aimerais qu'il en prenne plein les yeux et plein le cœur et se dise "mais dis donc je reviens quand ?"
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