Vélo et voies vertes

Interview de Lucie Spileers de Les Micro-Aventures de Lulu : Découvrir les Hauts-de-France à vélo grâce aux micro-aventures

Lucie, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et raconter comment sont nées Les Micro-Aventures de Lulu, et en particulier votre envie de faire (re)découvrir les Hauts-de-France à vélo au départ de Lille ?Les Micro-Aventures sont nées d'un besoin irréprécible de...

24 juillet 2026 5 min de lecture
Interview de Lucie Spileers de Les Micro-Aventures de Lulu : Découvrir les Hauts-de-France à vélo grâce aux micro-aventures

Lucie, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et raconter comment sont nées Les Micro-Aventures de Lulu, et en particulier votre envie de faire (re)découvrir les Hauts-de-France à vélo au départ de Lille ?

Les Micro-Aventures sont nées d'un besoin irréprécible de m'évader et de voyager. En n'ayant qu'un seul jour de repos par semaine (à l'époque), les destinations étaient limitées, et j'ai commencé à vouloir voyager au départ de chez moi. Le vélo est une excellente solution pour se déconnecter et découvrir de nouveaux endroits en ayant l'impression de vivre une grande aventure !

Quand vous concevez une micro-aventure à vélo dans les Hauts-de-France (sur un week-end, à moins de 2h de Lille), quels sont vos critères incontournables : type d’itinéraire, accès en train, ambiance des lieux, dimension culturelle… pouvez-vous nous décrire concrètement votre « recette » idéale ?

Quand je prépare une micro-aventure, il faut que ça vibre en moi, que l'excitation d'aller voir de nouvelles routes, de nouveaux paysages monte. J'aime l'inconnu, bien sûr il faut que ça match avec le train et les possibilités sur place. Mais après, l'excitation peut aussi juste venir d'un camping à la ferme que j'ai repéré, un point de vue splendide, d'un oiseau qui aurait été aperçu dans le coin...

Vous êtes à la fois monitrice-guide vélo et passionnée d’histoire et de culture flamande : comment intégrez-vous ce patrimoine (industriel, flamand, minier, côtier…) dans vos circuits à vélo pour que le voyage soit plus qu’un simple itinéraire sportif ? Auriez-vous un exemple précis de balade qui l’illustre bien ?

Intégrer le patrimoine dans les sorties vélo, c'est un peu l'essence de pourquoi on roule aussi. Se donner un objectif c'est toujours plus amusant que de rouler pour rouler, c'est ce qui va pimper la sortie et ensuite on crée l'itinéraire autour de l'objectif.

Depuis le lancement de votre blog en 2018, comment avez-vous vu évoluer l’attrait pour les micro-aventures à vélo dans les Hauts-de-France ? Qui sont aujourd’hui les gens qui viennent rouler avec vous (niveau, profils, motivations) et quelles idées reçues devez-vous encore souvent déconstruire ?

Je pense que le vélo a fait un grand boum surtout depuis la pandemie de covid-19. En allant rouler le week-end, on croise de plus en plus de groupe de cycliste. Nous avons tous les profils de personnes qui viennent rouler, la plupart souhaite rencontrer des gens et passer un bon moment sans se prendre la tête, beaucoup n'ose pas encore venir de peur d'être "trop lent" mais il faut savoir qu'on s'adapte au groupe et qu'on est beaucoup plus fort que ce qu'on croit ! En roulant cool sans s'arrêter, 30km à vélo, ça fait seulement 2h de pédalage ;)

Pour quelqu’un qui hésite à se lancer – pas forcément très sportif, peut-être intimidé par la météo du Nord – quels conseils très pratiques donneriez-vous pour organiser une première micro-aventure à vélo depuis Lille (choix du parcours, matériel minimum, gestion du train, de la pluie, de la sécurité…) ?

Toujours regarder l'intensité et le sens du vent avant de partir, c'est ce qui détermine l'itinéraire pour moi. Ensuite, choisir un itinéraire avec des option de gares sur la route en cas de retour forcé. D'ailleurs, avec le Baroudeurs Club, nous avons crée un itinéraire de 100km au départ de Lille en suivant principalement des voies vertes et avec beaucoup de gares sur la route, c'est idéal pour une première micro-aventure. Sinon, je dirai simplement de commencer par des petits itinéraire 15km puis 30, puis 50, avant de se lancer sur une aventure sur plusieurs jours, ça permet de tester son matériel et d'ajuster. Et puis franchement la météo du Nord, c'est pas la pire finalement !

On parle de plus en plus d’itinérances longues comme le « Grand Tour des Hauts-de-France » évoqué par Benoit Dambrine : comment voyez-vous l’avenir de la région comme destination vélo, entre grands itinéraires structurants et petites micro-aventures de proximité ? Quels manques ou leviers identifiez-vous encore (infrastructures, services, culture du vélo) ?

Entre les multiples canicules et la praticité de terrain de notre région (nombreux trains, valloné juste ce qu'il faut, et nombreux point de ravitaillement) je pense qu'elle va attirer de plus en plus de personnes qui veulent se mettre au vélo, c'est aussi une destination "à contre courant" où l'accueil est très chaleureux et les rencontres se font facilement. Ce dont je rêve maintenant, c'est de retrouver plus de vrais campings conviviaux et nature, et non des parking à mobil-home peu hospitaliers.

Pour conclure, si vous deviez adresser un message à quelqu’un qui se dit : « le Nord, à vélo, ce n’est pas pour moi », quel serait votre argument le plus personnel – ou l’anecdote vécue en guidage – pour lui donner envie de tenter au moins un week-end en micro-aventure dans les Hauts-de-France ?

Qu'il ou elle rate quelque chose car en vélo l'aventure commence avant même de partir de chez soi. Puis chacun peut aller à son rythme, on peut s'arrêter où on veut, ça permet les rencontres et d'aller découvrir des endroits, des chemins qu'on ne découvre ni à pieds ni en voiture. C'est la liberté totale. L'essayer c'est l'adopter !

Pour en savoir plus : https://www.lesmicroaventuresdelulu.com